Il leva la tête et fixa une étoile.
« Un OVNI s’est posé sur le rebord de ma fenêtre hier soir… »
Jetant un regard décontenancé à mon ami, je m’esclaffai sans retenue.
Il poursuivit, imperturbable :
« Ils m’ont invité et j’ai dansé sur le toit bombé de leur soucoupe… »
Gêné, je continuai de rire, mais jaune. Puis je me tus.
Blessé par mon peu de considération réservée à ses révélations, M.Fildefer me lança froidement :
« Tu ne me crois pas… Evidemment… »
Je pris le temps de la réflexion.
« J’ai trois explications à te soumettre concernant mon scepticisme : la première, tu as trop bu » commençai-je en jaugeant furtivement le niveau de la bouteille de Crémant entamée. « La deuxième, tu développes un syndrome de délirium que j’espère passager » continuai-je en essayant de déchiffrer les traits de mon ami dans la pénombre. « La troisième, tu dis la vérité et il convient que je te crois… » finis-je dans un souffle.
« Attends » me dit-il « Tu vas voir »
M.Fildefer alluma son portable, pianota quelques secondes avant de me le tendre.
Une photo très nette d’un engin circulaire baigné de lumières s’offrait à moi, dans l’encadrement d’une fenêtre ouverte au ciel.
« L’IA fait des merveilles… » bredouillai-je sans réfléchir.
D’un geste vif, M.Fildefer reprit son portable.
« L’IA… Pour qui tu me prends ? » lâcha-t-il, vexé.
Puis, longtemps, immobile, debout, il contempla l’image. Cette image qui éclairait son visage de ballerine sereine mais fragile. Un visage que la foi rendait infiniment beau…
Emu, je m’entendis murmurer « Je te crois mon ami… »
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« S’il est tant de choses qui nous dépassent, c’est peut-être pour nous faire grandir… »
