Je n’ai jamais vu M.Fildefer s’énerver. S’il lui arrive parfois de hausser le ton pour renforcer une supposée force de conviction, ce n’est que sur quelques syllabes, avant que le timbre de sa voix ne retrouve son vernis habituel.

Il garde sans doute en lui des colères, alimentées par la frustration de ne pas tout contrôler. Hier soir, je le savais submergé par ce vague à l’âme qui s’en vient mourir sur la plage de la vie, de temps en temps,  brassant l’écume des rancœurs.

« Quelque chose ne va pas ? » le questionnai-je.

« Je peux crier un bon coup ? »

Il me répondait par une question, les épaules et la tête baissées, trahissant cette incapacité à libérer une tension que je supposai tournée essentiellement contre lui-même.

« Oui, tu peux ».

M.Fildefer se redressa tout en prenant une grande inspiration.

C’est alors que, dans la moiteur de cette soirée de printemps orageuse, le hibou petit-duc hulula longuement au fond du jardin, laissant M.Fildefer bouche bée.

Ses lèvres se refermèrent doucement.

« J’ai soif », murmura-t-il enfin.

Content de retrouver mon ami, je lui servis un verre de rosé frais avant que, sans avoir besoin de nous regarder, nous éclations de rire.

Je vous livre sa pensée de ce vendredi.

« Sortir de ses gonds n’est sans doute pas le meilleur moyen de s’ouvrir à l’autre… » 🤔

 


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