M.Fildefer aime à vagabonder dans le passé, s’exerçant à raccrocher sans cesse son histoire personnelle à la grande Histoire. Hier, alors que nous revivions quelques scènes de notre rencontre au fil d’une conversation légère, une voix s’éleva dans la nuit, spectrale sans pour autant être effrayante :
« Je suis à la recherche du lien ténu de l’existence qui défile. J’essaie de me rappeler chaque saison de cette vie qui nous rassemble, nous sépare, nous embarque et nous pousse à l’oubli. Toutes ces trajectoires communes contées à travers des miroirs déformants, quand les émotions trahissent les faits, font de nous tous des spectateurs et des acteurs soumis à la houle du temps… »
« T’as entendu ? » murmura M.Fildefer.
« Oui… C’est toi ? »
« Ben… non… C’est pas toi ? »
« Non »
« La première fois qu’on s’est vu, c’était bien un lundi ? »
« Non, un mardi… »
« Ah… T’es sûr ? »
La voix mystérieuse se mit à rire doucement, jusqu’à ce que je me réveille en sursaut.
M.Fildefer était parti. Il avait au préalable rédigé à la hâte quelques mots sur un post-it.
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Je ne suis pas certain que des souvenirs communs soient le reflet d’un même passé… »
