« J’ai le sentiment d’une perte de repères… Comme si la société suivait désormais un GPS sans plus se poser de questions, laissant de côté la vision globale d’une carte routière dépliée… ».
M.Fildefer avait prononcé ces mots tout bas, comme pour lui-même.
« Tu dis ça après ce qui t’est arrivé la semaine dernière ? » lançai-je d’un ton légèrement sarcastique.
« Et alors ? Ça peut arriver à tout le monde de mal orthographier le nom d’une ville… J’ai renseigné le GPS et j’ai suivi les indications… »
« Certes… mais entre Sault et Sceaux, il y a tout de même plus de 700 kilomètres. Ton cousin M.Barbelé devait être ravi de te savoir à Paris alors qu’il t’attendait dans le Vaucluse… D’ailleurs, comment ça s’est terminé ? »
Après un silence chargé de dépit, M.Fildefer finit par murmurer :
« On s’est retrouvés le lendemain, à Moulins… »
J’éclatai de rire avant d’ajouter, hilare :
« Bah oui, Moulins… parfait pour brasser de l’air, surtout après s’être fait rouler dans la farine… ».
M.Fildefer soupira longuement.
En voyant sa mine déconfite, je ne pus m’empêcher de glisser :
« Cette histoire, mon ami, c’est du pain béni pour moi… »
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Se retrouver à l’ouest après avoir perdu le nord, voilà de quoi être déboussolé… »
