M.Fildefer est lassé du miroir que nous tend la société de l’image, celle de l’inaccessible perfection… Parfois, comme un gosse, il prend un feutre noir pour mettre de la vie sur des photos glacées : qui une moustache sur un visage, qui un bonnet sur une tête, qui des lézardes sur un mur trop lisse.
Tout en oeuvrant d’instinct, à grands coups de traits énergiques, il chantonne en boucle :
« La beauté cachée
Des laids des laids
Se voit sans
Délai délai… »
Silencieux, je l’observe et l’écoute.
Je devine que la puérilité apparente de cette activité est une réponse à l’écho que font naître en lui les paroles de Serge Gainsbourg.
S’emparant avec gourmandise du dernier magazine, il l’ouvre avec application avant de tourner lentement les pages, jusqu’à trouver sa proie.
Je sais que bientôt, M.Fildefer lèvera la tête, rassasié et radieux.
En attendant, je laisse déjà filtrer entre mes lèvres un sourire attendri.
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Je ne suis pas loin de penser que vanter la beauté plastique est un facteur de pollution… »
