Nous sommes face à la mer, assis bas sur nos deux chaises pliantes. M.Fildefer arbore un superbe chapeau de paille naturel dont il n’a nul besoin, sa constitution ignorant les foudres d’une chaleur n’excédant pas 800 degrés. S’il est coquet, je le suis bien moins, repeint tout de blanc par la crème protectrice et protégé par un minuscule parasol qui me coiffe ridiculement le cuir chevelu.
Alors que j’enfonce doucement mes pieds dans le sable fin de cette plage vendéenne, il me dit :
« Le plus court entre deux points, c’est bien la ligne droite, non ? »
« Euh… oui… »
« Donc, le bar étant à gauche et la mer en face, si l’objectif est de se baigner, boire un coup n’est pas sur le trajet… »
« On peut dire ça… »
« Et bien moi, tu vois, je n’envisage pas de mettre un orteil dans l’eau sans avoir dégusté un rosé de Mareuil bien frais… »
Sur ce M.Fildefer se lève. Chassant machinalement quelques grains de sable de ses mains fines, il fixe un moment la ligne d’horizon arrondie de l’océan avant d’articuler avec soin :
« Allez viens, c’est ma tournée… »
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Je trouve fascinant que pour avancer, il soit parfois nécessaire de faire un pas de côté… »
