Jamais tu ne me verras traverser le pont de la suffisance me confia un jour M.Fildefer alors que nous observions quelques mégayachts amarrer au port Vauban. Ecrasée par la chaleur, l’esplanade Jean Moulin offrait en spectacle le ballet lent de bateaux boursouflés, comme autant de symboles ostentatoires réservés à une élite. « Viens » me dit mon ami. Nous rejoignîmes le centre-ville d’Antibes où il acheta un bateau pneumatique deux places. Arrivé sur la plage de la Gravette, il le gonfla avec soin, attentif et fier. L’ayant suivi sans bien comprendre, j’attendais, amusé. Quand il considéra que tout était prêt, il se dirigea vers la mer sans un mot, sûr que je le suivrais. Nous nous installâmes tant bien que mal dans la frêle embarcation, le large face à nous. « Et maintenant ? » questionnai-je. Il planta ses yeux malicieux dans les miens. « Dans mon yacht, il y aura toujours de la place pour quelqu’un. Alors pagayons ensemble. Qui sait, si nous unissons nos efforts, nous rejoindrons peut-être Calvi avant la nuit… »
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Si la diversité peut être créatrice de richesse, je doute que la richesse puisse être créatrice de diversité… »
