Pendant que M.Fildefer extrait sa valise et son sac à dos du coffre de la voiture, je le questionne : « Alors, que vas-tu faire de tes vacances ? » Il hésite avant de se lancer : « Je vais essayer de me libérer des circonstances, de m’assurer qu’il n’est pas besoin d’attendre quelque évènement précis pour que l’avenir prenne pleinement sens. Emprunter les chemins de la confiance, envisager le futur comme un meilleur présent… » « Ben mon vieux … J’ai rien compris… Et te reposer, t’y penses ? » Faussement touché, M.Fildefer se redresse, bombant maladroitement son minuscule torse. Semblant sorti tout droit de l’Actors Studio, il s’approche, me toise avant de lancer avec un accent épouvantable : « You talkin’ to me ? (c’est à moi que tu parles ?) » Au bout de quelques secondes, nous éclatons de rire, sachant que dans cette complicité s’inscrit déjà la séparation. « Bon… Ben… J’y vais… » M.Fildefer pose ses mains sur mes épaules et m’embrasse. « Passe de bonnes vacances mon ami » dis-je doucement. « Merci. Et comme d’hab’, tu n’échapperas pas à mes cartes postales… » me prévient-il tout en rassemblant ses affaires. Mon ami s’éloigne, je le suis des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse, happé par l’entrée du Hall 2. Direction Minorque. Alors que je m’apprête à rejoindre ma voiture, un homme me frôle, lâchant sans s’arrêter : « Loneliness has followed me my whole life. Everywhere. (Toute ma vie, j’ai été suivi par la solitude. Partout) » Après quelques mètres, il se retourne, amusé, tout en ouvrant la porte de son taxi jaune. Puis il démarre, sort son bras pour me saluer et s’éloigne.
M.Robert De Niro.
M.Fildefer ne me croira jamais…
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Comme il est sage de vouloir transformer tout espoir en espérance… »

Laisser un commentaire