La journée tirait sa révérence en toute discrétion.
M.Fildefer et moi profitions de la relative tiédeur printanière lorsqu’ il me demanda, avec un air faussement détaché :
« Qu’est-ce qui peut bien te pousser à monter sur scène… ».
Je répondis sans réfléchir :
« Partager et me confronter à mes peurs… Peut-être m’est-il plus facile de chanter devant des centaines de personne que de parler à une seule… »
M.Fildefer soupira avec ostentation alors que le soleil continuait de s’assoupir.
« Je ne sais pas si tu déconnes », lâcha-t-il finalement, dubitatif.
« Je ne sais pas non plus… » laissai-je filtrer au travers d’un sourire énigmatique.
Doucement, la pénombre abolissait les distances, favorisant toutes les supputations.
En silence, j’allumai un photophore.
Nous étions côte à côte et je nous voulais ensemble.
Aussi, quand le silence de mise prit fin, je portai mon verre pour lancer gaiement :
« A nous, mon ami…»
Amusé, M.Fildefer me fixa.
Et c’est avec un vif plaisir que je vis dans un reflet de bougie, ses traits fins se détendre…
Je vous livre sa pensée de ce vendredi.
« Je ne suis pas sûr qu’il soit toujours facile, pour un chanteur, de trouver sa voix… »
